Je l’aime encore

Je l’aime encore
Je mène une bonne vie. C’est clair et limpide. Comment, autrement, expliqueriez-vous que ma semaine d’essai du cabriolet MX-5 de Mazda coïncide justement avec la toute première semaine où le mercure daigne s’élever au-delà des 22 degrés. Il y a quelqu’un quelque part qui m’aime.

Et moi, j’aime cette température. Surtout quand je prends le volant de la Mazda MX-5 2016, celle pour qui, je l’admets, mon coeur balance. Surtout que la nouvelle génération propose un design nettement plus raffiné et tellement plus sexy.

J’ai même fait des jaloux. Et pas qu’un ou deux, mais des dizaines de jaloux. Car au cours des derniers jours se tenait à Saint-Hyacinthe une activité du club Miata de la Montérégie. Ce sont tous les membres du club que j’ai croisés qui m’ont signalé haut et fort leur enthousiasme à l’égard de ma voiture. Pas obligé de leur dire qu’elle n’était pas à moi…

Pour pousser la chose encore un peu plus loin, ma voiture d’essai, une Mazda MX-5 toute neuve avec quelques centaines de kilomètres au compteur tout au plus, affichait une allure encore plus stylée parce qu’on l’avait muni du groupe, optionnel, sport.

Résultat : l’option la dote de roues BBS noires d’un style nettement plus agressif, les étriers de freins, Brembo de surcroit, sont d’un rouge éclatant et se font voir sans hésitation entre les rayons des roues noires, et les sièges Recaro au profil plus sport offrent un support nettement plus imposant que les sièges de série. J’avoue que j’aurais davantage apprécié des supports lombaires plus massifs, mais rien de véritablement dérangeant.

Mécaniquement, ne cherchez pas ce que la version sport vous offre de plus, puisqu’on ne touche pas au contenu sous le capot. En fait, la petite MX-5 propose toujours un moteur 2,0 litres 4 cylindres de 155 chevaux. Ce qui, pour les puristes, peut sembler bien peu.

Dans les faits, la MX-5 est tellement communicative, sa direction d’une telle précision et ses suspensions, bien qu’un peu sèches par moment, tellement agréables qu’on n’a pas besoin de plus. En fait, j’ai l’habitude de dire que la Mazda MX-5 procure plus de sensations à 50 kilomètres à l’heure que la plupart des voitures sport à plus de 100 à l’heure.

Il faut aussi dire que mon modèle d’essai était jumelé à une boite manuelle six rapports bien étagée et sans reproches. Les écarts sont courts, les passages mécaniquement agréables et le levier offre une belle prise en main. Bref, à son volant, la MX-5 devient littéralement une partie du corps de son conducteur, et on se surprend à vouloir prendre les virages avec un peu plus d’enthousiasme que ne le dicte la logique.

Mais il y a un mais…

Je l’ai dit, je suis un fan de la petite voiture qu’est la MX-5, mais être un fan ne veut pas dire en oublier tout jugement. N’importe qui s’étant glissé à bord du cockpit d’une MX-5 est capable de juger à la fois de la qualité de la conduite, et à la fois de la précarité du confort que l’on retrouve dans l’habitacle.

Soyons clairs et concis : la position de conduite est exceptionnellement réussie, étant désormais située davantage vers le centre de la voiture, ce qui élimine une partie du roulis inévitable de toute voiture. On a aussi abaissé un peu le siège, ce qui permet un meilleur dégagement pour la tête tout en ne compromettant pas la visibilité au-dessus du capot sculpté.

Puis, il y a le reste… Quand je dis le reste, je parle de l’ensemble de la vie à bord qui exige, disons-le, un peu de doigté. Les porte-gobelets, par exemple, ont sans aucun doute été dessinés par un esprit tordu qui n’a jamais bu un café dans une voiture. Situés à l’arrière, ils sont pratiquement inatteignables. On peut cependant en insérer le long de la console du côté passager, au risque de voir celui-ci répandre sur son genou tout liquide qui s’y retrouve.

Le siège est confortable, mais l’accès, disons-le, plutôt exigeant. Pour quelqu’un qui, comme moi, n’a plus sa taille de jeune fille, le volant devient un obstacle qui oblige à certaines contorsions pour s’extirper. Les espaces de rangement sont quasi inexistants (ou comme les porte-gobelets, totalement impossibles à atteindre si la voiture est en mouvement), et l’espace pour les bagages, bien que profond, offre une petite bouche d’accès.

Bonne nouvelle, on a allégé le toit et rendu plus facile à manoeuvrer, et on a enfin éliminé l’obligation de chercher le levier pour ouvrir la trappe de carburant.

Je connais tous ces défauts et je bouillonne quand je tente de cacher quelque chose dans le coffret. Mais le plaisir de conduite est tellement grand qu’on les oublie aisément.