Le G-vectoring Control, ou la direction selon Mazda

Le G-vectoring Control, ou la direction selon Mazda

(Laguna Seca, Californie) On aime tous conduire une voiture qui offre un peu de sensation. C’est ce qui explique, en bonne partie, le succès de la compagnie Mazda dont les voitures, même les plus petites, proposent une conduite plus agréable et plus émotive que leurs rivales. Cette philosophie, inspirée du modèle japonais appelé Jinba Itai, est ce qui a présidé à la conception de la première génération de la Mazda Miata, et qui se retrouve désormais dans tous les véhicules de la famille.

Jinba Itai, c’est le principe qui permet aux archers japonais de faire corps avec leur monture pour décocher des flèches avec précision, même au grand galop. Les ingénieurs de Mazda ont donc utilisé ce principe pour tenter de rendre la conduite de leur véhicule plus agréable. C’est aussi au nom de ce principe que l’on a mis de l’avant le principe G vectoring control (ou GVC), un système qui permet de transférer de façon intelligente le couple aux roues motrices pour rendre la conduite plus directe et plus efficace.

Test de direction

Avant même de comprendre comment fonctionne le GVC, il faut d’abord saisir le fonctionnement de la direction elle-même. Difficile en effet de percevoir des modifications de trajectoire ou de conduite si on ne sait pas exactement quoi regarder.

Pour cette raison, la première expérience s’est réalisée à l’intérieur du circuit Laguna Seca, à des vitesses extravagantes de 12 kilomètres sans l’heure, sans même l’intervention du GVC. Au volant d’un Mazda CX-5 et de quelques compétiteurs, il fallait suivre une trajectoire précise, tout en s’assurant de maintenir la vitesse la plus régulière possible.

Alors qu’à haute vitesse, l’attention est portée vers d’autres facteurs, à basse vitesse c’est la précision de la direction qui dicte le comportement et qui permet de mieux ressentir les réactions de la voiture.

Puis, à quelque 50 kilomètres à l’heure, il fallait franchir un circuit de cônes partiellement mouillé au volant d’une Mazda 6 dotée du GVC, mais que l’on peut désactiver (la version de production demeurera en fonction tout le temps). La nuance était évidente, selon que le système était ou non en fonction.

Un graphique récoltant toutes les données (voir la vidéo) a d’ailleurs permis que les interventions posées par le conducteur sont beaucoup moins nombreuses avec le système qu’en son absence.

« Nous avons poussé tout cela plus loin. En fait, nous avons voulu simuler aussi le rôle d’un pilote de course sur un circuit. Quand il lève le pied, le poids se transfert pour offrir une meilleure tenue de route. C’est un peu ce que notre GVC permet de faire » explique Dave Coleman, un des spécialistes de Mazda.

Autre détail d’importance, le GVC a comme mission de reproduire le comportement humain, ou d’aider le pilote à mieux réagir. Ainsi, la voiture anticipera un virage, et fera pencher légèrement le capot comme si le poids se transférait à l’avance. « C’est inconscient, mais cela permet au pilote de se préparer mentalement et physiquement, et d’être dans une meilleure position pour aborder le virage », poursuit monsieur Coleman.

Et parce que tous les mouvements sont beaucoup plus fluides, ils permettent aux pneus d’offrir moins de friction. Résultat : une économie de carburant encore améliorée.

Techniquement, le système est simple mais sophistiqué. Il reprend les informations enregistrées par les différents capteurs du véhicule, les analyse et choisit le couple qu’il enverra aux différentes roues. Il ne nécessite aucun matériel supplémentaire, mais seulement une nouvelle version logicielle. « Il est tellement sensible qu’il peut transférer aussi peu que 0.01g. Cela peut sembler peu, mais c’est suffisant pour que le conducteur soit plus efficace », conclut Dave Coleman.

Le système GVC sera de mise sur tous les véhicules Mazda au fur et  mesure de leur rafraichissement. La Mazda 6 de nouvelle génération, attendue plus tard cette année, sera la première  l’offrir.