Mazda CX-3 2016, le très attendu

Mazda CX-3 2016, le très attendu

Certains véhicules suscitent l'enthousiasme avant même leur sortie, et c'est le cas du tout nouveau Mazda CX-3 2016.

(Phoenix, Arizona) Il faut dire que le petit utilitaire sous-compact fait partie d'un créneau en totale ébullition et dont la croissance prévue est astronomique.

En fait, selon les spécialistes, le segment devrait croitre au point d'occuper quelque 5,4% du marché canadien, soit près de 100 000 unités dès cette année. Pas mal pour une catégorie qui n'existait à toute fin pratique pas du tout, ou de façon très marginale au cours des dernières années.

Dans ce marché où se battront les Nissan Juke, Chevrolet Trax, Jeep Renegade, Fiat 500x et le nouveau venu Honda HR-V, le Mazda CX-3 s'impose comme un véhicule stylé, dynamique et avec une personnalité unique.

Un style unique

Une personnalité que le petit véhicule doit d'abord à son physique. La silhouette du CX-3 est plus que rafraichissante dans un marché où les petits véhicules ont tendance à se ressembler tous. Il y a bien le Honda HR-V qui diffère, mais son aspect plus proche de la minifourgonnette que du véhicule dynamique n'attire pas le regard autant que le CX-3. Du moins, n'attire pas mon regard autant…

Physiquement, le CX-3 est un utilitaire sous-compact, dont les dimensions le placent directement entre la Mazda2 et la Mazda3, et c'est surtout en hauteur qu'il se distingue en comparaison de ses sœurs berlines. Face à la concurrence cependant, avec ses 1,70m de largeur et son 1,51m de hauteur, il se marie quasi exactement au Nissan Juke, qu'il devance cependant d'une douzaine de centimètres en longueur.

Ce qui fait la beauté du Mazda CX-3, c'est davantage le design. Comme l'expliquait le designer Derek Jenkins, "le CX-3 est l'évolution du design Kodo et représente totalement la nouvelle personnalité Mazda".

Clairement expliquée, cette philosophie de design est celle qui a donné naissance au CX-5, à la Mazda6 et à la Mazda3 de nouvelle génération,  mais elle est surtout celle qui animera la prochaine MX-5 dont la venue officielle n'est plus qu'à quelques semaines.

Le trait caractéristique, c'est le long capot plongeant pour conférer au CX-3 une allure plus sportive et plus racée. Ce faisant, les designers ont reculé l'habitacle et ont incliné davantage le pilier A, améliorant la visibilité vers l'avant et donnant au petit multisegment une allure de coupé.

La partie arrière, plus arrondie, bénéficie aussi d'une véritable sculpture dans les formes, et affiche un très court porte-à-faux pour plus de stabilité. Enfin, pour bien marquer son intention utilitaire, tous les CX-3 sont dotés de recouvrement de plastique autour des arches de roue qui viennent confirmer un look plus masculin.

Même si la silhouette est une belle réussite, la plus belle réussite demeure l'habitacle. Tout y a été soigné dans le moindre détail, et la présence de matériaux de qualité mais surtout d'un soin d'assemblage haut de gamme impressionne. Le style lui-même, épuré et raffiné, n'est pas sans rappeler certaines voitures allemandes de luxe. Un cuir garni de surpiqure, par exemple, traverse littéralement toute la planche de bord, donnant une impression de largeur au premier coup d'œil.

Le tableau de bord reprend les éléments retrouvés dans la Mazda3, notamment l'affichage tête haute dans les modèles les plus équipés, et l'ergonomie est respectée. Les cadrans sont lisibles et le système multimédia avec écran d'affichage surélevé, de série sur toutes les versions, est intéressant à défaut d'être aussi élégant que s'il était intégré. Simple détail…

Un seul moteur

Sous le capot de toutes les versions du CX-3 se retrouve le seul moteur disponible, un 2,0 litres SkyActiv de 146 chevaux et de 146 livres-pied de couple, toujours jumelé à une boite automatique à 6 vitesses, disponible avec changement de vitesse manuel au volant sur la version GT. On aurait souhaité une boite manuelle mais la patience devra être de mise.

Les versions de base sont offertes en mode traction seulement, mais le rouage intégral est optionnel, alors que la version GT l'affiche de série. Un rouage intégral par ailleurs intéressant s'il remplit les promesses faites par Mazda. Actif plutôt que réactif, il utilise un nombre importants de capteurs et de données fournies par la voiture à raison de 200 lectures par seconde pour déterminer à l'avance le comportement à adopter. Le résultat, sans être spectaculaire, est un meilleur contrôle des dérapages en cas de perte d'adhérence.

Parce que l'essai s'est réalisé en Arizona, alors que nous circulions à des hauteurs supérieures à 7000 pieds au-dessus du niveau de la mer, le petit moteur nous a semblé un peu hâtif à s'essouffler. Il faut cependant se rappeler qu'à de tels niveaux, le mélange air-essence devient plus difficile, et que les voitures perdent un fort pourcentage de leur capacité, ce qui explique aussi une consommation difficile à évaluer. Il s'est malgré tout montré intéressant et nerveux au besoin, surtout en activant le mode sport qui permet de garder plus longtemps la boite de vitesse au même rapport et d'en contrôler le régime. Ajoutons aussi que le moteur a semblé beaucoup moins rugueux sous le capot du CX-3 que sous celui de la Mazda3.

Petit détail, tous les CX-3, même intégraux, sont dotés d'une suspension McPherson à l'avant mais d'une poutre de torsion à l'arrière. L'absence de suspensions indépendantes me faisait craindre le pire pour notre confort, mais s'est finalement avéré plutôt transparente.

Un bon mot pour la direction précise, et pour le plaisir de conduite, digne d'une Mazda, même dans les routes les plus sinueuses des montagnes du mid-west américain.

Le bémol provient essentiellement de l'espace de chargement, qui s'avère plus réduit qu'on ne pourrait l'espérer. Il concède à ce niveau l'avantage à ses concurrents, mais c'est le prix à payer pour obtenir cette allure de coupé.

Parlant prix, le Mazda CX-3 se dévoile plutôt abordable, surtout en tenant compte de la longue liste d'accessoires de série. La version de base, la GX, propose d'entrée de jeu l'air climatisé, le régulateur de vitesse, la caméra de recul, un volant inclinable et téléscopique et les contrôles dynamiques de la stabilité. En plus de la boite automatique, faut-il le rappeler, tout cela pour un prix de départ de 20 695$. La traction intégrale, optionnelle, ajoute 2000$

La version GS (22 695$), ajoute des sièges chauffants et une sellerie de cuir, alors que la GT (28 695$) propose des roues plus imposantes (18 pouces) et offre en option le groupe technologique avec le i-Active sense, ce regroupement d'options de sécurité qui inclut l'affichage tête haute. Au maximum de l'équipement, le CX-3 est offert pour 30 495$.

 Stylé et dynamique, le Mazda CX-3 devrait faire tourner des têtes. Mais mieux encore, c'est sa conduite qui devrait faire sourire davantage. On l'a attendu, mais le résultat valait bien l'attente.