Un classique toujours aussi désirable

Un classique toujours aussi désirable

Année après année, la Mazda MX-5 demeure une automobile toujours aussi désirable pour la qualité de sa conception et, avant tout, le plaisir de conduire qu’elle procure.

L’industrie automobile dispose de certaines valeurs sûres et l’une d’entre elles est la Mazda MX-5: un petit cabriolet de conception originale, offert à prix attrayants et particulièrement agréable à conduire.

Lorsque le premier cabriolet MX-5 (appelé Miata à l’époque) a fait ses débuts au Salon de l’automobile de Chicago, en février 1989, ses concepteurs n’imaginaient sûrement pas l’ampleur du phénomène qu’ils avaient engendré. Au fil de l’histoire, très peu d’automobiles sont demeurées populaires aussi longtemps – bientôt une trentai­ne d’années dans son cas – tout en préservant l’essence de leur conception originale de génération en génération.

Voilà pourquoi cette petite Mazda, dont le millionième exemplaire a été produit en avril dernier, peut dignement s’aligner aux côtés d’icônes de l’industrie aussi prestigieuses que la Ford modèle T, la Volkswagen Coccinelle et la Porsche 911.

L’apparition de la quatrième génération de la MX-5, l’an dernier, a donné à ce biplace un nouveau souffle qui la fera durer encore une décennie, j’en suis sûr. D’ailleurs, l’arrivée prochaine de l’élégante MX-5 RF à toit rigide esca­motable y contribuera sans doute largement.

UNE RECETTE IDÉALE

Une telle popularité repose sur une bonne recette. Dans le cas de cette déca­potable, elle dépend de deux éléments cruciaux: des versions offertes à prix abordables et une conduite particulièrement stimulante pour les sens.

Voilà ce que les ingénieurs de Mazda se sont efforcés de préserver en réalisant cette quatrième génération de la MX-5. Ainsi, pour lui donner une répar­tition de masse idéale (50/50), ils ont usé de nombreux subterfuges, à commencer par un usage accru d’acier à haute résistance pour le châssis.

Pour la même raison, on trouve plus d’aluminium dans la conception de cette MX-5. Ce matériau, qui a permis de retrancher près de 70 kg, sert à certaines composantes du châssis, mais aussi au toit et à la carrosserie (ailes avant et capots du moteur et du coffre). En fait, la MX-5 2016 ne pèse que 83 kg de plus que le modèle original présenté à Chicago malgré les nombreux dispositifs d’antipollution et de sécurité qui se sont ajoutés au cours des dernières décennies.

Le raffinement de la conception ne s’est pas arrêté là, car on a aussi revu l’architecture du châssis en positionnant le moteur plus bas et plus près de l’habitacle afin d’abaisser le centre de gravité de cette petite Mazda.

PLUS DE COUPLE

C’est aussi un nouveau moteur de la famille Skyactiv-G qui anime cette MX-5. Un quatre-cylindres à haute compression, qui conserva la cylindrée de celui qu’il remplace, soit 2,0 L, mais en livrant 155 ch et 148 lb-pi de couple. Cela représente 12 ch de moins, mais un couple supérieur (8 lb-pi) produit à plus bas régime. Et pour une sportive, c’est ça qui compte!

Pour cette voiture, le constructeur offre le choix de deux boîtes de vites­ses à six rapports sans imposer de varia­tion de prix – le bonheur! La boîte manuelle bénéficie d’un étagement parfait et son maniement est d’une précision chirurgicale. Elle fait le bonheur des passionnés de conduite sportive. Par contre, pour les amateurs de promenades tranquilles, Mazda propose aussi une boîte automatique capa­ble d’effectuer des passages de rapports imperceptibles.

Le nouveau moteur de la MX-5 peut passer de 0 à 100 km/h en tout juste sept secondes. Il est non seulement vif, il est aussi moins gourmand. Nourri au super, il est plus écoénergétique lors­qu’il est jumelé à la boîte automatique, comme en témoignent les cotes de consommation moyennes annoncées par le constructeur: 7,7 L km pour les versions à boîte automatique et 7,9 L/100 km pour les versions à boîte manuelle. Précisons que, dans notre cas, après avoir fait l’essai d’une MX-5 GS à boîte manuelle, nous avons réussi à rogner les millilitres d’essence jus­qu’à ne consommer que 7,0 L/100 km dans certaines circonstances favora­bles de notre essai.

PETITE, BASSE, MAIS TRÈS CONFORTABLE

Naturellement, avec une automobile dont la garde au sol n’est que de 141 mm (avec les jantes de 16 po), l’embarquement exige une souplesse qu’on ignore lorsqu’on est habitué à un Mazda CX-5, par exemple. Cependant, l’habitacle de la MX-5 se révèle beaucoup plus spacieux qu’on l’imagine. Les sièges baquets, amincis et confortables, sont fixés plus près du centre de l’habitacle, comparativement à l’ancien modèle, ce qui donne l’impression qu’on fait corps avec cette voiture. La position optimisée du pédalier y contribue également, tout en rendant le mouvement des pieds du conducteur plus naturel. De plus, en abaissant le capot et en éloignant les montants du pare-brise vers l’arrière, la visibili­té avant a été améliorée, malgré une garde au sol légèrement réduite. Quant à la capote, les concepteurs de la MX-5 l’ont rendue encore plus facile à abaisser d’une seule main.

L’équipement de série se révèle très satisfaisant. La MX-5 GX version d’entrée de gamme est livrée avec un climatiseur, un démarreur à bouton-poussoir, un régulateur de vitesse, des phares à réglage automatique du niveau des projecteurs, une chaîne audio à six haut-parleurs (dont deux qui sont intégrés à l’appuie-tête du conducteur), sans oublier le lecteur CD, le port USB et l’incontournable interface Bluetooth. Cette version a aussi des jantes en alliage de 16 po et des sièges en tissu.

Un cran plus haut, la MX-5 GS dispose de jantes de 17 po, de sièges en tissu à surpiqûres rouges, d’un différentiel à glissement limité, d’une barre de raidissement sur les tourelles d’amortisseurs avant et d’amortisseurs Bilstein (avec la boîte manuelle seulement). Elle a également une chaîne d’infodivertissement à écran tactile de 7 po dont la commande est vraiment mal placée. Elle se trouve sur la console centrale, directement sous le bras droit, dans l’axe du levier de vitesses. Impossible de trouver pire, comme emplacement!

Enfin, Mazda réserve à la MX-5 GT, porte-étendard de la gamme, des sièges chauffants et une sellerie de cuir, un climatiseur automatique et une chaîne audio Bose plus sophistiquée. Une série de dispositifs d’aide à la conduite lui est également réservée.

Mais une MX-5, ce n’est pas qu’une affaire de fiche technique. Il faut faire une promenade à la campagne, cheveux au vent, pour en découvrir tout le sens. Et pas nécessairement en roulant à tombeau ouvert! À 90 km/h, sans plus, une petite route sinueuse permet d’apprécier la servodirection hyperprécise et les freins à disque faciles à moduler, mais aussi le châssis étonnamment robus­te et les suspensions judicieusement réglées, quoiqu’un peu sèche. Signe qu’il s’agit bel et bien d’une véritable sportive: une automobile avec laquelle on fait corps, tout simplement.

De nombreux automobilistes rêvent de posséder un cabriolet, mais finissent par acheter un coupé. Pour permettre à ces derniers de partager la passion de conduire cheveux au vent, pour la troisième génération de la MX-5, Mazda avait créé une variante à toit rigide escamotable électrique appelée MX-5 RHT («Retractable Hard-Top»).

Lancée en 2007, la RHT était un «coupé cabriolet» (CC) dont le toit rigide se repliait en 12 s pour se ranger dans un espace prévu à cet effet entre les sièges et le coffre.

Ce modèle a remporté un énorme succès dans le monde entier. Au Cana­da, par exemple, 80 % des acheteurs de MX-5 2015 (dernier modèle de l’ancienne génération) avaient choisi la version RHT.

Pour la MX-5 de quatrième génération, Mazda récidive, mais en offrant un modèle à toit rigide escamotable de conception différente, d’où l’appellation MX-5 RF («Retractable Fastback»). Car, lorsque le toit de ce CC est en place, il crée une élégante silhouette de «Fastback», avec un toit dont la courbure s’étire vers l’arrière.

Ce design trompe-l’œil dissimule toujours le fait que cette voiture reste décapotable, tout en préservant le volume utile du coffre, qui ne change pas d’un iota comparativement à une MX-5 décapotable. Sans oublier que le toit pourra être ouvert ou fermé, même en roulant jusqu’à une vitesse de 10 km/h.

La Mazda MX-5 RF sera mise en vente au Canada à partir du premier trimestre de 2017.